Le tableau · Chapitre V · Racławice 1794

Kościuszko à Racławice.
Vingt-huit cadres sur neuf mètres de toile

Neuf mètres de large, vingt-huit cadres, une seule thèse : que la bataille a été gagnée par les paysans. Matejko l’a peinte en 1888, pour le 94e anniversaire — et n’a laissé aucune clé des personnages. Cette page en propose une, avec une distinction honnête entre ce que l’on voit et ce que la littérature attribue.

Jan Matejko, Kościuszko à Racławice
huile sur toile, 465 × 897 cm
esquisse 1885 · peint 1887–1888 · Halle aux draps (Sukiennice) depuis 1888
Musée national de Cracovie, n° inv. MNK II-a-151

La toile et ses repères

Jan Matejko, « Kościuszko à Racławice » — la toile entière avec les numéros des vingt-huit cadres. Une description complète en mots figure sous l’image.
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La toile des Sukiennice mesure près de neuf mètres de large ; ici aussi elle dépasse l’écran — faites-la glisser latéralement. Un clic sur un numéro ou une vignette la déplace pour vous. Le bouton « Agrandir la toile » double l’échelle — elle se déplace alors dans les deux sens ; sortie par la touche Échap.

Repère à contour plein : personnage ou détail reconnaissable directement sur la toile. En pointillé : attribution nominale admise d’après les anciennes notices du tableau — Matejko n’a pas laissé de clé.

Une composition large et basse : à gauche, une sombre forêt de pins ; à droite, un paysage ouvert et lumineux, avec des collines et un combat lointain. À gauche, dans l’ombre des arbres, un groupe de cavaliers et d’officiers — un homme au manteau noir sur l’affût d’un canon, à côté un dignitaire assis par terre en żupan cramoisi, plus loin un cavalier tout en noir sur un cheval noir et un trompette. Plus bas, un grenadier russe en mitre de métal, à genoux, rend son fusil à un officier polonais ; contre le bord inférieur gisent des morts en uniformes rouges. Au milieu de la toile, à cheval, Tadeusz Kościuszko, en uniforme clair et gilet rouge, lève son bonnet carré vers la foule. Autour de lui, des paysans en sukmanas blanches, armés de faux dressées à la verticale, les bras levés ; au-dessus d’eux, un étendard cramoisi à l’Aigle blanc et, plus haut, sur un pin, une petite chapelle. Au premier plan, un moine en bure brune est agenouillé au-dessus d’un officier mourant en uniforme bleu clair. Dans la moitié droite, la foule se rassemble autour de deux canons conquis aux fûts dorés : un homme brandit un bonnet carré rouge, à côté un faucheur en sukmana blanche regarde vers le haut. Près du canon se tient Wojciech Bartos Głowacki, en sukmana blanche et large ceinture de cuir, la main sur le fût, où repose un bonnet rouge. À côté, en manteau rouge, un homme tient une haute bannière d’église à l’image du Christ couronné d’épines. Plus bas, un paysan donne à boire à un prisonnier blessé. Au bord droit, un faucheur en bonnet carré rouge allume sa pipe.

Le tableau décrit en mots

Une composition large et basse : à gauche, une sombre forêt de pins ; à droite, un paysage ouvert et lumineux, avec des collines et un combat lointain. À gauche, dans l’ombre des arbres, un groupe de cavaliers et d’officiers — un homme au manteau noir sur l’affût d’un canon, à côté un dignitaire assis par terre en żupan cramoisi, plus loin un cavalier tout en noir sur un cheval noir et un trompette. Plus bas, un grenadier russe en mitre de métal, à genoux, rend son fusil à un officier polonais ; contre le bord inférieur gisent des morts en uniformes rouges. Au milieu de la toile, à cheval, Tadeusz Kościuszko, en uniforme clair et gilet rouge, lève son bonnet carré vers la foule. Autour de lui, des paysans en sukmanas blanches, armés de faux dressées à la verticale, les bras levés ; au-dessus d’eux, un étendard cramoisi à l’Aigle blanc et, plus haut, sur un pin, une petite chapelle. Au premier plan, un moine en bure brune est agenouillé au-dessus d’un officier mourant en uniforme bleu clair. Dans la moitié droite, la foule se rassemble autour de deux canons conquis aux fûts dorés : un homme brandit un bonnet carré rouge, à côté un faucheur en sukmana blanche regarde vers le haut. Près du canon se tient Wojciech Bartos Głowacki, en sukmana blanche et large ceinture de cuir, la main sur le fût, où repose un bonnet rouge. À côté, en manteau rouge, un homme tient une haute bannière d’église à l’image du Christ couronné d’épines. Plus bas, un paysan donne à boire à un prisonnier blessé. Au bord droit, un faucheur en bonnet carré rouge allume sa pipe.

Vingt-huit cadres

La numérotation est la nôtre — Matejko, à la différence de Trumbull, n’a pas laissé de feuille de clé pour ce tableau. Les cadres proviennent de la reproduction de 4 000 px des collections du Musée national de Cracovie.

Notice du cadre choisi

Soldat derrière le pin — Tout contre le bord gauche, dans l’ombre d’un tronc — on distingue un shako à plaque de métal, le canon d’un fusil et la moitié d’un visage. Premier cadre du tableau.

Cadre numéro 1. Soldat derrière le pin

fantassin régulier · bord gauche de la toile · 4 avril 1794

Visible sur la toile

Où le chercherTout contre le bord gauche, dans l’ombre d’un tronc — on distingue un shako à plaque de métal, le canon d’un fusil et la moitié d’un visage. Premier cadre du tableau.

À savoirL’infanterie régulière de la Couronne formait le noyau des forces de Kościuszko à Racławice ; les paysans armés de faux étaient un détachement de volontaires, non une armée. Matejko ouvre la toile par un soldat anonyme dans l’ombre et la referme, à droite, par un paysan anonyme en plein soleil — ce n’est pas un hasard, mais l’axe de toute la composition.

Ce que le peintre en a faitPersonnage presque méconnaissable : le peintre l’a délibérément caché dans l’obscurité de la forêt pour que l’œil du spectateur entame son parcours de la pénombre vers la lumière, à droite.

Dignitaire blessé en cramoisi — Au premier plan à gauche, adossé à un affût et à une peau de bête — żupan cramoisi, ceinture dorée, kołpak à plume blanche, la main sur la poitrine.

Cadre numéro 2. Dignitaire blessé en cramoisi

noble, probablement blessé au combat ·

Attribution d’après la littérature

Où le chercherAu premier plan à gauche, adossé à un affût et à une peau de bête — żupan cramoisi, ceinture dorée, kołpak à plume blanche, la main sur la poitrine.

À savoirLe cramoisi était la couleur des magnats ; ce personnage fait entrer dans le tableau la part de la noblesse qui a pris part à l’insurrection de Kościuszko — mais dans la posture d’un homme brisé, non triomphant. La littérature n’a pas établi son nom.

Ce que le peintre en a faitMatejko a construit à gauche tout un groupe dans une tonalité sombre et « vaincue », à droite un groupe clair et victorieux. Cet homme en est l’accent le plus fort : un costume somptueux, une pose désemparée.

Commandant au manteau noir — Derrière le dignitaire blessé, sur l’affût d’un canon — manteau noir jeté sur l’uniforme, chapeau à plume, le bras tendu de côté en un geste de commandement.

Cadre numéro 3. Commandant au manteau noir

général de l’état-major du Commandant en chef ·

Attribution d’après la littérature

Où le chercherDerrière le dignitaire blessé, sur l’affût d’un canon — manteau noir jeté sur l’uniforme, chapeau à plume, le bras tendu de côté en un geste de commandement.

À savoirL’état-major de Kościuszko à Racławice comptait entre autres les généraux Antoni Madaliński, Józef Zajączek et Józef Wodzicki. Les descriptions du tableau les citent parmi les personnages, mais ne s’accordent pas sur le visage qui revient à chacun — d’où le repère en pointillé.

Ce que le peintre en a faitLe pan noir du manteau est l’une des plus grandes taches du tableau ; il attire le regard vers le coin supérieur gauche et fait contrepoids à la bannière rouge de droite.

En savoir plus: Commandant au manteau noir

Morts en uniformes rouges — Coin inférieur gauche, aux pieds du spectateur : des corps en uniformes rouges et pantalons verts, des fusils à baïonnette abandonnés, des havresacs.

Cadre numéro 4. Morts en uniformes rouges

soldats russes · champ de bataille · 4 avril 1794

Visible sur la toile

Où le chercherCoin inférieur gauche, aux pieds du spectateur : des corps en uniformes rouges et pantalons verts, des fusils à baïonnette abandonnés, des havresacs.

À savoirLes pertes russes à Racławice sont estimées à plusieurs centaines de morts et de blessés ; les pertes polonaises furent moindres, mais les faucheurs (kosynierzy) ont payé le prix le plus élevé dans la charge contre la batterie. Matejko n’a pas peint un seul paysan mort — c’est un choix, non un compte rendu.

Ce que le peintre en a faitLes cadavres gisent dans la bande la plus basse du tableau, tout contre le bord inférieur. Le spectateur debout devant la toile, à la Halle aux draps (Sukiennice), les a littéralement à ses pieds.

Trompette — Dans le groupe d’état-major à gauche, entre les officiers en shako — uniforme clair, trompette de laiton baissée contre la poitrine.

Cadre numéro 5. Trompette

trompette de cavalerie ·

Visible sur la toile

Où le chercherDans le groupe d’état-major à gauche, entre les officiers en shako — uniforme clair, trompette de laiton baissée contre la poitrine.

À savoirAu XVIIIe siècle, la trompette de signal était le seul moyen de transmettre un ordre dans le vacarme de la bataille. Baissée, elle signifie que le combat a déjà cessé : le tableau ne montre pas l’affrontement, mais l’instant qui le suit.

Ce que le peintre en a faitMatejko aimait ces accessoires « silencieux » — un instrument qui se tait en dit plus sur la fin de la bataille que les corps étendus.

Grenadier rendant les armes — Au milieu de la moitié gauche, sur la pente — à genoux, coiffé de la haute mitre de grenadier en métal, il tend son fusil à deux mains à l’officier debout devant lui.

Cadre numéro 6. Grenadier rendant les armes

prisonnier russe ·

Visible sur la toile

Où le chercherAu milieu de la moitié gauche, sur la pente — à genoux, coiffé de la haute mitre de grenadier en métal, il tend son fusil à deux mains à l’officier debout devant lui.

À savoirÀ Racławice, les Russes ont perdu douze canons et une partie de leur train ; les prisonniers ont surtout été faits près de la batterie conquise. La mitre de grenadier est le signe d’une infanterie d’élite — Matejko montre que l’on a vaincu non le plus faible, mais le meilleur.

Ce que le peintre en a faitLe geste de reddition est peint sans humiliation : les deux personnages ont le visage calme. C’est l’un des arguments pour dire que le tableau parle de la réconciliation des états, non du triomphe sur l’ennemi.

Hugo Kołłątaj — À cheval, au fond à gauche — tout en noir, en tricorne, sur un cheval noir ; le seul cavalier vêtu comme un ecclésiastique.

Cadre numéro 7. Hugo Kołłątaj

coauteur de la Constitution du 3 mai, coorganisateur de l’insurrection · 1750–1812

Attribution d’après la littérature

Où le chercherÀ cheval, au fond à gauche — tout en noir, en tricorne, sur un cheval noir ; le seul cavalier vêtu comme un ecclésiastique.

À savoirPrêtre, recteur réformateur de l’Académie de Cracovie, coauteur de la Constitution du 3 mai et l’un des auteurs de l’Acte d’insurrection du 24 mars 1794. Il n’était pas à Racławice — Matejko l’a introduit sur la toile comme le visage du programme politique de l’insurrection. C’est lui qui se tenait derrière l’aile radicale du soulèvement et derrière l’idée d’enrôler les paysans dans l’armée.

Ce que le peintre en a faitDu noir sur un cheval noir, à l’écart de la foule : Matejko tient le politique à distance du peuple qui vient de gagner la bataille. Repère en pointillé, car l’identification repose sur les descriptions du tableau, non sur une légende du peintre.

En savoir plus: Hugo Kołłątaj

Officier recevant les armes — Face au grenadier agenouillé, dos au spectateur — uniforme bleu marine, baudrier blanc en travers du dos, bonnet à plumet, sabre contre la jambe.

Cadre numéro 8. Officier recevant les armes

officier polonais ·

Visible sur la toile

Où le chercherFace au grenadier agenouillé, dos au spectateur — uniforme bleu marine, baudrier blanc en travers du dos, bonnet à plumet, sabre contre la jambe.

À savoirMatejko l’a montré de dos et sans visage. Dans la peinture d’histoire du XIXe siècle, c’est rare : le vainqueur regarde d’ordinaire le spectateur. Ici, toute l’attention reste sur le prisonnier.

Ce que le peintre en a faitLa silhouette sombre ferme le groupe de gauche et forme un cadre vertical pour la scène de reddition.

Noble au sabre dégainé — Derrière le groupe d’état-major, debout, en petit kontusz roux et col blanc, le sabre nu dans la main droite, pointe vers le sol.

Cadre numéro 9. Noble au sabre dégainé

volontaire noble (selon les descriptions : Gabriel Taszycki) ·

Attribution d’après la littérature

Où le chercherDerrière le groupe d’état-major, debout, en petit kontusz roux et col blanc, le sabre nu dans la main droite, pointe vers le sol.

À savoirLes anciennes notices du tableau placent ici Gabriel Taszycki « le sabre dégainé ». Les Taszycki étaient une famille de Cracovie engagée dans l’insurrection ; l’attribution vient de la littérature, non du peintre — d’où le repère en pointillé.

Ce que le peintre en a faitLe sabre est abaissé, non levé. Toutes les lames de la partie gauche du tableau sont rengainées ou tournées vers le sol — le combat est terminé.

Moine auprès des mourants — Au premier plan, au centre, agenouillé dos au spectateur dans une bure brune ceinte d’une corde, les mains près du visage, penché sur des blessés.

Cadre numéro 10. Moine auprès des mourants

prêtre ou frère religieux ·

Visible sur la toile

Où le chercherAu premier plan, au centre, agenouillé dos au spectateur dans une bure brune ceinte d’une corde, les mains près du visage, penché sur des blessés.

À savoirLa bure à capuche et la corde indiquent un ordre de règle franciscaine — bernardins ou capucins, présents à Cracovie comme dans les environs de Racławice. Il est agenouillé au-dessus d’un officier russe blessé : le secours s’adresse à l’ennemi.

Ce que le peintre en a faitC’est le seul personnage du tableau qui tourne le dos à la victoire. Matejko l’a placé exactement au milieu du bord inférieur — sous les sabots du cheval du Naczelnik.

Tadeusz Kościuszko — À cheval, au milieu de la moitié gauche de la toile, au-dessus de la foule : uniforme clair à brandebourgs d’argent, gilet rouge, pantalon blanc ; dans la main droite levée, le bonnet carré (rogatywka) dont il salue les paysans.

Cadre numéro 11. Tadeusz Kościuszko

commandant en chef suprême de la Force armée nationale · 1746–1817

Visible sur la toile

Où le chercherÀ cheval, au milieu de la moitié gauche de la toile, au-dessus de la foule : uniforme clair à brandebourgs d’argent, gilet rouge, pantalon blanc ; dans la main droite levée, le bonnet carré (rogatywka) dont il salue les paysans.

À savoirIl avait alors 48 ans et derrière lui sept années de guerre d’Amérique — Saratoga et West Point. À Racławice, il a mené en personne la charge des faucheurs contre la batterie. La Proclamation de Połaniec, promulguée un mois plus tard, fut une tentative de transformer cette seule journée en loi.

Ce que le peintre en a faitMatejko ne l’a pas habillé de la sukmana (manteau paysan), bien que ce soit l’image la plus célèbre du Naczelnik (commandant en chef) — Kościuszko n’a revêtu la sukmana qu’après la bataille. L’uniforme correspond à celui du tableau de Michał Stachowicz, peint du vivant des témoins. Le visage a été prêté au peintre par l’abbé Antoni Gruszecki.

En savoir plus: Tadeusz Kościuszko

Officier russe blessé — Au premier plan, à terre à côté du moine — uniforme bleu clair brodé d’or, la tête retombée ; près de lui, des personnages penchés se couvrent le visage.

Cadre numéro 12. Officier russe blessé

prisonnier, mourant ·

Visible sur la toile

Où le chercherAu premier plan, à terre à côté du moine — uniforme bleu clair brodé d’or, la tête retombée ; près de lui, des personnages penchés se couvrent le visage.

À savoirÀ Racławice, les Russes étaient commandés par le général Alexandre Tormassov. Matejko ne l’a pas peint — à la place du chef, il a mis un officier anonyme à l’agonie, entouré des soins du camp vainqueur.

Ce que le peintre en a faitLe bleu de cet uniforme est la couleur la plus froide du tableau, posée dans la bande la plus chaude, brune, du premier plan. Le contraste fait que l’œil y revient à chaque fois.

Faucheur (kosynier) près du cheval du Commandant — Juste derrière la tête du cheval de Kościuszko, en chemise blanche — les deux bras levés, le visage rejeté en arrière.

Cadre numéro 13. Faucheur (kosynier) près du cheval du Commandant

paysan volontaire ·

Visible sur la toile

Où le chercherJuste derrière la tête du cheval de Kościuszko, en chemise blanche — les deux bras levés, le visage rejeté en arrière.

À savoirLes faucheurs de Racławice, ce sont environ deux mille paysans des villages de la région de Cracovie, armés de faux montées à la verticale et de piques. Leur assaut contre la batterie russe a décidé de la bataille — pour la première fois dans l’histoire de la République (Rzeczpospolita), une formation paysanne a fait l’issue d’un combat.

Ce que le peintre en a faitLes bras sont levés vers le Naczelnik, non vers le ciel. Ce geste se répète une bonne douzaine de fois dans la foule et forme une vague qui porte le regard de Kościuszko vers la droite, vers les canons conquis.

En savoir plus: Faucheur (kosynier) près du cheval du Commandant

Officier de cavalerie au bonnet — À cheval, derrière la foule des faucheurs, sous l’étendard à l’Aigle blanc — haut kołpak, épaulettes, moustache, une hampe à la main.

Cadre numéro 14. Officier de cavalerie au bonnet

officier de la cavalerie nationale ·

Attribution d’après la littérature

Où le chercherÀ cheval, derrière la foule des faucheurs, sous l’étendard à l’Aigle blanc — haut kołpak, épaulettes, moustache, une hampe à la main.

À savoirLa cavalerie nationale et la brigade de Madaliński sont les unités par lesquelles l’insurrection a commencé, le 12 mars 1794 : c’est le refus de la réduction de la brigade qui l’a fait entrer en campagne. Les descriptions du tableau situent dans cette partie des officiers de l’état-major — Manget, Horoch, Biernacki — sans s’accorder sur les visages précis.

Ce que le peintre en a faitLe seul personnage à cheval à droite du Naczelnik. Matejko maintient l’armée régulière au second plan pour que le premier plan appartienne aux paysans.

Petite chapelle sur le pin — Haut sur le tronc d’un pin, au milieu de la partie supérieure de la toile — une boîte de bois avec une image pieuse, à peine visible entre les branches.

Cadre numéro 15. Petite chapelle sur le pin

détail · petite chapelle-boîte de bord de route ·

Visible sur la toile

Où le chercherHaut sur le tronc d’un pin, au milieu de la partie supérieure de la toile — une boîte de bois avec une image pieuse, à peine visible entre les branches.

À savoirLa chapelle sur l’arbre signale que le champ de bataille s’étend le long d’une route — et que la terre de Racławice était un village polonais ordinaire, non un terrain de manœuvres. Matejko s’est rendu à Racławice en août 1886 et a peint le paysage d’après nature.

Ce que le peintre en a faitPlacée exactement au-dessus de la tête de Kościuszko, dans l’axe vertical de la composition. Au-dessus du Naczelnik, la chapelle ; au-dessus des paysans, la bannière à l’Ecce Homo : le tableau se referme par une agrafe religieuse.

Garçon au tambour — Sur le talus au milieu de la toile, penché très bas — chemise blanche, tignasse sombre, il tend la main vers un petit tambour militaire abandonné.

Cadre numéro 16. Garçon au tambour

plus jeune participant de la scène ·

Visible sur la toile

Où le chercherSur le talus au milieu de la toile, penché très bas — chemise blanche, tignasse sombre, il tend la main vers un petit tambour militaire abandonné.

À savoirUn enfant dans un camp militaire n’avait rien d’extraordinaire au XVIIIe siècle — toute une population de camp suivait les convois. Matejko a introduit le garçon à l’endroit où la composition passe des cavaliers aux faucheurs.

Ce que le peintre en a faitLe seul personnage du tableau qui se penche pour ramasser un butin, non une arme ou un blessé. Ce détail adoucit le pathos de la scène.

Étendard à l’Aigle blanc — Au-dessus de la foule, au milieu de la toile, sur une hampe — une étoffe cramoisie brodée d’un aigle d’argent sans couronne.

Cadre numéro 17. Étendard à l’Aigle blanc

détail · étendard militaire ·

Visible sur la toile

Où le chercherAu-dessus de la foule, au milieu de la toile, sur une hampe — une étoffe cramoisie brodée d’un aigle d’argent sans couronne.

À savoirL’insurrection de Kościuszko marchait sous le signe de l’Aigle et du Cavalier (Pogoń). Le cramoisi était la couleur traditionnelle des étendards de la République ; le blanc et le rouge ne furent consacrés comme couleurs nationales qu’en 1831, par la Diète du royaume de Pologne.

Ce que le peintre en a faitL’étendard militaire à gauche et la bannière d’église à droite tiennent la composition comme deux piliers. Entre eux se déploie toute la foule.

Faucheurs levant les bras — Groupe serré au milieu de la toile, entre le cheval du Naczelnik et les canons — sukmanas blanches, revers rouges, faux dressées à la verticale, bras en l’air.

Cadre numéro 18. Faucheurs levant les bras

paysans volontaires des villages de Cracovie ·

Visible sur la toile

Où le chercherGroupe serré au milieu de la toile, entre le cheval du Naczelnik et les canons — sukmanas blanches, revers rouges, faux dressées à la verticale, bras en l’air.

À savoirLa faux montée « à la verticale » — c’est-à-dire dans le prolongement du manche, non comme pour faucher — était une arme d’hast de la portée d’une pique, fabriquée par les forgerons de village. Racławice en a fait un symbole national pour les cent années suivantes.

Ce que le peintre en a faitMatejko a fait venir dans son atelier des paysans de la région de Cracovie comme modèles ; une fois le tableau achevé, ils ont figuré à Cracovie dans un tableau vivant d’après cette toile. La soirée a rassemblé plus de quatre mille spectateurs.

En savoir plus: Faucheurs levant les bras

Homme brandissant un bonnet carré (rogatywka) — Au premier plan, dans la moitié droite, en veste sombre à revers et cordons rouges — le bras droit haut levé, une rogatywka rouge à la main.

Cadre numéro 19. Homme brandissant un bonnet carré (rogatywka)

volontaire de Cracovie ·

Visible sur la toile

Où le chercherAu premier plan, dans la moitié droite, en veste sombre à revers et cordons rouges — le bras droit haut levé, une rogatywka rouge à la main.

À savoirLa rogatywka rouge de Cracovie est devenue après Racławice une partie du costume des faucheurs et un signe de l’insurrection. Le même geste — le bonnet levé au-dessus de la tête — est repris à gauche par Kościuszko, et complété à droite par le bonnet de Głowacki sur le canon conquis.

Ce que le peintre en a faitTrois bonnets rouges : dans la main du Naczelnik, dans ce bras levé et sur le fût du canon. Matejko les a répartis régulièrement sur toute la largeur de la toile, comme des mesures en musique.

Faucheur au manteau paysan blanc (sukmana) — À côté de la rogatywka brandie, en sukmana blanche à col rouge et pantalon rayé — le regard levé, une hampe de faux à la main.

Cadre numéro 20. Faucheur au manteau paysan blanc (sukmana)

paysan volontaire ·

Visible sur la toile

Où le chercherÀ côté de la rogatywka brandie, en sukmana blanche à col rouge et pantalon rayé — le regard levé, une hampe de faux à la main.

À savoirLa sukmana de bure blanche tissée à la maison, serrée d’une ceinture de cuir, était le vêtement ordinaire des Cracoviens de la campagne. Après Racławice, elle s’est mise à signifier autre chose : le vêtement que le Naczelnik lui-même a revêtu pour signifier que la guerre était celle du peuple.

Ce que le peintre en a faitLe blanc des sukmanas éclaire toute la moitié droite de la toile. C’est la couleur la plus lumineuse du tableau, et c’est elle qui décide de l’endroit où l’œil s’arrête.

Paysan en pelisse avec une gourde — Près du canon conquis, en pelisse de mouton, la laine tournée vers l’extérieur — à la ceinture, une gourde d’étain ; le visage levé vers la bannière.

Cadre numéro 21. Paysan en pelisse avec une gourde

faucheur ·

Visible sur la toile

Où le chercherPrès du canon conquis, en pelisse de mouton, la laine tournée vers l’extérieur — à la ceinture, une gourde d’étain ; le visage levé vers la bannière.

À savoirLes paysans portaient encore la pelisse en avril ; la bataille s’est jouée dans l’après-midi frais du 4 avril 1794, après trois heures de combat. Matejko tenait à ce genre de détails — il s’est rendu à Racławice en 1886 pour voir le terrain et les objets.

Ce que le peintre en a faitLa texture de la pelisse, grise et hirsute, est l’un des morceaux de bravoure picturaux du tableau ; Matejko l’a posée en empâtement épais, à la différence des uniformes lisses de gauche.

Canon capturé — Moitié droite de la toile, un fût de laiton sur un affût rouge à roue jaune — un second fût semblable plus à droite, près de Głowacki.

Cadre numéro 22. Canon capturé

canon de campagne russe ·

Visible sur la toile

Où le chercherMoitié droite de la toile, un fût de laiton sur un affût rouge à roue jaune — un second fût semblable plus à droite, près de Głowacki.

À savoirÀ Racławice, douze canons ont été pris — toute l’artillerie de Tormassov. Ce sont eux les vrais héros de la moitié droite du tableau : la foule se rassemble autour d’eux, la bannière se pose sur eux, sur l’un d’eux repose un bonnet.

Ce que le peintre en a faitMatejko a peint les fûts dans l’or le plus clair qu’il ait utilisé sur cette toile. Le butin brille plus fort que l’uniforme du Naczelnik.

En savoir plus: Canon capturé

Wojciech Bartos Głowacki — Partie droite de la toile, près du canon conquis : sukmana blanche, large ceinture de cuir cloutée, moustache — il se tient bien droit, la main posée sur le fût du canon, où repose un bonnet rouge.

Cadre numéro 23. Wojciech Bartos Głowacki

paysan de Rzędowice, porte-étendard des Grenadiers de Cracovie après la bataille · vers 1758–1794

Visible sur la toile

Où le chercherPartie droite de la toile, près du canon conquis : sukmana blanche, large ceinture de cuir cloutée, moustache — il se tient bien droit, la main posée sur le fût du canon, où repose un bonnet rouge.

À savoirWojciech Bartos, paysan serf du village de Rzędowice, a atteint le canon dans la charge contre la batterie et — comme le veut la tradition — en a bouché la lumière avec son bonnet, empêchant le tir. Kościuszko l’a nommé porte-étendard et lui a donné le nom de Głowacki ; les nominations furent proclamées le 8 avril 1794 au Wawel. Il est mort à Szczekociny en juin de la même année.

Ce que le peintre en a faitMatejko n’a pas peint l’exploit lui-même, seulement l’instant d’après : le bonnet repose déjà sur le fût, la main se pose. Le héros se tient immobile, face au spectateur — le seul personnage du tableau qui ne regarde personne et n’attend personne.

En savoir plus: Wojciech Bartos Głowacki

Étendard à l’Ecce Homo — Le point le plus haut de la moitié droite du tableau : une bannière cramoisie surmontée d’une croix, avec l’image du Christ couronné d’épines et le monogramme IHS dans une gloire rayonnante.

Cadre numéro 24. Étendard à l’Ecce Homo

détail · bannière d’église ·

Visible sur la toile

Où le chercherLe point le plus haut de la moitié droite du tableau : une bannière cramoisie surmontée d’une croix, avec l’image du Christ couronné d’épines et le monogramme IHS dans une gloire rayonnante.

À savoirLes paysans sont partis pour Racławice avec des bannières sorties des églises de village — c’était la seule étoffe « d’étendard » que la campagne possédait. L’Ecce Homo, le Christ livré à la foule, flotte au-dessus d’une foule qui vient de gagner une bataille.

Ce que le peintre en a faitPlacée sur le fond d’un ciel qui s’éclaircit, c’est le seul élément du tableau qui dépasse la ligne de la forêt. Matejko a donné au peuple un signe sacré là où, dans la peinture de bataille, on trouvait d’ordinaire l’étendard du régiment.

Faucheur à l’étendard, en rouge — À côté de Głowacki, en long manteau rouge à cordon d’or et médaille — il tient à deux mains la hampe de la bannière à l’Ecce Homo.

Cadre numéro 25. Faucheur à l’étendard, en rouge

volontaire, porte-étendard de la bannière paroissiale ·

Attribution d’après la littérature

Où le chercherÀ côté de Głowacki, en long manteau rouge à cordon d’or et médaille — il tient à deux mains la hampe de la bannière à l’Ecce Homo.

À savoirLes anciennes notices du tableau voyaient dans cette partie de la toile Stefan Dembowski « en bel habit de noble » — l’homme qui, selon les plans de l’insurrection, devait remplacer Kościuszko si celui-ci venait à mourir. L’identification est contestée et ne vient pas du peintre ; c’est pourquoi le repère est en pointillé.

Ce que le peintre en a faitLe rouge de ce manteau et le cramoisi de la bannière forment ensemble la plus grande tache chaude du tableau — contrepoids au manteau noir du commandant, à gauche.

Paysan donnant à boire à un blessé — Au premier plan, à droite : un homme en capote grise et bonnet de mouton, agenouillé au-dessus d’un Russe blessé en uniforme bleu clair, lui donne à boire.

Cadre numéro 26. Paysan donnant à boire à un blessé

faucheur auprès d’un prisonnier ·

Visible sur la toile

Où le chercherAu premier plan, à droite : un homme en capote grise et bonnet de mouton, agenouillé au-dessus d’un Russe blessé en uniforme bleu clair, lui donne à boire.

À savoirDe toutes les scènes de la moitié droite de la toile, celle-ci est la plus proche du spectateur. Le vainqueur n’achève pas — il donne à boire. Pour Matejko, qui peignait en 1888 sous les trois partages, c’était une thèse sur ce que devait être une victoire polonaise.

Ce que le peintre en a faitMatejko a répété le même motif deux fois sur un seul tableau : à gauche le moine au-dessus de l’officier mourant, à droite le paysan au-dessus du prisonnier blessé. L’homme d’Église et le paysan font la même chose.

Bourgeois au chapeau haut — Derrière le canon, à droite, le coude appuyé sur le fût — redingote sombre, chapeau haut, la main contre la joue, le visage pensif.

Cadre numéro 27. Bourgeois au chapeau haut

volontaire venu de la ville ·

Attribution d’après la littérature

Où le chercherDerrière le canon, à droite, le coude appuyé sur le fût — redingote sombre, chapeau haut, la main contre la joue, le visage pensif.

À savoirLes bourgeois ont eux aussi rejoint l’insurrection de Cracovie — ce sont eux, aux côtés des paysans, qui étaient l’élément nouveau de cette guerre. Le chapeau haut et la redingote sont une tenue de ville, ni paysanne ni nobiliaire.

Ce que le peintre en a faitLe seul personnage de la foule qui ne regarde ni le Naczelnik, ni la bannière, ni le butin. Il appuie sa tête et réfléchit — Matejko a inscrit une hésitation dans la scène du triomphe.

Faucheur à la pipe — Coin inférieur droit, près du dernier fût conquis : rogatywka rouge, capote brune à doublure rouge, la pipe aux dents, un briquet à silex dans la main.

Cadre numéro 28. Faucheur à la pipe

paysan volontaire · bord droit de la toile ·

Visible sur la toile

Où le chercherCoin inférieur droit, près du dernier fût conquis : rogatywka rouge, capote brune à doublure rouge, la pipe aux dents, un briquet à silex dans la main.

À savoirLe dernier personnage du tableau, en comptant depuis la gauche. Celui-ci commence par un soldat caché dans l’ombre de la forêt et se termine par un paysan qui, la bataille gagnée, allume tranquillement sa pipe — en pleine lumière, près d’un canon conquis.

Ce que le peintre en a faitMatejko clôt la composition par un geste ordinaire jusqu’à la provocation. C’est son commentaire sur la bataille : une grande chose s’est faite par les mains d’hommes qui, ensuite, ont sorti leur pipe.

Ce que ce tableau ne montre pas

Six mois plus tard

Racławice fut la première bataille de l’insurrection de Kościuszko et la seule victoire en rase campagne qu’il remporta comme Naczelnik (commandant en chef). Elle ne changea rien sur le plan stratégique : les Russes se replièrent en bon ordre, Cracovie tomba en juin, et la route de Varsovie fut ouverte. Matejko a peint le jour du triomphe en sachant comment l’année s’était terminée.

Le , au camp de Połaniec, Kościuszko promulgua une proclamation qui accordait aux paysans la liberté personnelle, l’inamovibilité de leur terre et une réduction de la corvée d’un tiers à la moitié. La noblesse, dans sa majorité, ne l’appliqua pas. Un an plus tard, la République (Rzeczpospolita) cessait d’exister, et la corvée ne fut abolie en Galicie qu’au printemps 1848 — cinquante-quatre ans après cette scène.

Wojciech Bartos Głowacki, qui se tient sur ce tableau près du canon conquis, mourut deux mois plus tard à Szczekociny. Kościuszko lui-même fut grièvement blessé à Maciejowice le et enfermé à la forteresse Pierre-et-Paul. Quand Matejko achevait la toile en 1888, il était interdit à Varsovie d’écrire à son sujet, même pour la critiquer — la censure russe avait proscrit toute mention.

Chapitre V · L’insurrection — de Cracovie à Maciejowice
Wojciech Bartos Głowacki, porte-étendardtombé à Szczekociny, juin 1794 — deux mois après cette scène

Sur la toile, il n’y a ni le chef du camp adverse — le général Alexandre Tormassov — ni un seul paysan mort. Tous les tués du tableau portent l’uniforme russe. Ce n’est pas un compte rendu de la bataille ; c’est un tableau sur la manière dont la campagne est entrée dans l’histoire polonaise.

Peinture, non reportage

Ce qui n’eut pas lieu le 4 avril

La sukmana

Kościuszko ne s’est pas battu à Racławice en sukmana (manteau paysan) — il l’a revêtue après la bataille, en geste envers les faucheurs, et c’est dans cette tenue qu’il est entré dans l’iconographie. Matejko est resté fidèle aux faits et l’a habillé en uniforme, renonçant à l’image la plus célèbre du Naczelnik.

Le bonnet

Le récit de Bartos bouchant la lumière du canon avec son bonnet vient de la tradition, non d’un rapport de bataille. Matejko a tranché en peintre : le bonnet repose déjà sur le fût, l’exploit n’est pas montré.

Les hommes

Hugo Kołłątaj, que les notices désignent parmi les cavaliers, n’était pas à Racławice. Les anciennes notices du tableau citent aussi Madaliński, Zajączek, Wodzicki, Dembowski et Taszycki — sans s’accorder sur le visage qui revient à chacun.

Le lieu

Racławice se trouve dans un terrain ouvert et vallonné ; la sombre forêt de pins à gauche est une invention de composition du peintre. Matejko s’y est rendu en août 1886 et a dessiné le paysage d’après nature — avant de le soumettre à la lumière du tableau.

Histoire du tableau

De l’acompte aux Sukiennice

  1. 1883–1884Le comité du jubilé réunit des fonds pour un tableau de Matejko destiné à Cracovie et verse deux acomptes — 20 000 et 15 000 florins. La commande devait être Jean Sobieski devant Vienne ; le peintre l’offrit cependant au pape Léon XIII.
  2. 1885Naissance de l’esquisse de la composition (aujourd’hui au Musée national de Wrocław) ; six dessins au crayon sont également conservés.
  3. août 1886Matejko se rend à Racławice pour voir le champ de bataille et le paysage alentour.
  4. février–mars 1887La toile est commandée à Paris ; le 12 mars, elle est tendue dans l’atelier de la place Matejko. Le 25 mars, le comité verse un troisième acompte — 20 000 florins.
  5. 1887–1888Travail entrecoupé de pauses ; en février 1888, une grave maladie du peintre l’interrompt. Le tableau est achevé fin avril 1888. Le cadre coûte 3 000 florins.
  6. 27–29 avril 1888La toile est transportée de l’atelier au Musée national et ouverte au public. En dix jours, plus de 6 300 personnes viennent la voir.
  7. 14 mai 1888Remise solennelle du tableau à la ville, aux Sukiennice. La collecte avait couvert la Galicie, la région de Poznań, la Prusse royale, la Silésie, la Bucovine, ainsi que l’Angleterre, la Suède, la Turquie, l’Australie et l’Amérique — au total 49 807 florins.
  8. 1888–1889Le tableau voyage à Lwów, à Poznań, en 1889 à Vienne, et en mai 1889 à l’Exposition universelle de Paris.
  9. 1888–1889Juliusz Kossak réalise une version à l’aquarelle de la composition ; la chromolithographie qui en est tirée se vend à 12 000 exemplaires en quelques mois et connaît un second tirage.
  10. 1894Pour le centenaire de la bataille, Wojciech Kossak et Jan Styka peignent à Lwów le Panorama de Racławice — aujourd’hui au Musée national de Wrocław.
  11. aujourd’huiLa toile est accrochée à la Galerie d’art polonais du XIXe siècle des Sukiennice, dans la salle Matejko, face à L’Hommage prussien.
Où il est accroché

La Halle aux draps (Sukiennice)

Le tableau est à Cracovie depuis le jour de sa naissance — il n’a jamais eu d’autre maison. Il est accroché à la Galerie d’art polonais du XIXe siècle des Sukiennice, département du Musée national de Cracovie, dans la salle consacrée à Matejko. Les Sukiennice, remaniées en 1875–1879 par Tomasz Pryliński, reçurent alors à l’étage le premier musée public polonais — ouvert en 1883, soit cinq ans avant cette toile.

Matejko a donné le tableau à la ville en échange de Jean Sobieski devant Vienne, qu’il avait offert au pape. Il l’expliqua au comité en une phrase : « j’ai résolu de donner à la nation, en échange de Sobieski, ce qui peut lui être le plus cher, ce que j’ai moi-même aimé le plus ardemment depuis l’enfance, c’est-à-dire Kościuszko à Racławice ». Six ans plus tard, pour le centenaire de la bataille, Lwów répondit par le Panorama de Racławice — Cracovie avait déjà le sien.

Le tableau vivantLes paysans de la région de Cracovie qui avaient posé pour Matejko pour les personnages des faucheurs figurèrent, une fois la toile achevée, dans un tableau vivant à Cracovie composé d’après cette œuvre. La soirée, organisée par le Cercle artistique et littéraire, rassembla plus de quatre mille spectateurs et rapporta 630 florins.

Détail du tableau : la bannière d’église à l’image du Christ couronné d’épines, dressée au-dessus des faucheurs, sur le fond du ciel du soir
Détail de la partie droite de la toile : la bannière à l’Ecce Homo au-dessus des canons conquis — le point le plus haut de la composition. Musée national de Cracovie · domaine public

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Sukiennice, Cracovie

Galerie d’art polonais du XIXe siècle, salle Matejko. Le tableau y est accroché depuis 1888 ; accès compris dans le billet des Sukiennice.

La galerie des Sukiennice

Musée national de Cracovie

Fiche du tableau dans les collections numériques du MNK — n° inv. MNK II-a-151, reproduction et données sur l’œuvre.

Le tableau dans les collections numériques du MNK

Musée national de Wrocław

L’esquisse du tableau de 1885 et, dans une rotonde à part, le Panorama de Racławice de Kossak et Styka (1894) — la seconde grande version de la même bataille.

L’esquisse de 1885

Les tableaux de Trumbull

Deux toiles américaines de ce site : la Déclaration d’indépendance et la Capitulation de Burgoyne — même méthode, autre pays.

Le tableau · Déclaration d’indépendance
Comment nous le savons

Sources

  1. Musée national de Cracovie, Kościuszko à Racławice — données sur l’œuvre : dimensions, datation, n° inv. MNK II-a-151, reproduction zbiory.mnk.pl
  2. Musée national de Wrocław, Esquisse pour le tableau « Kościuszko à Racławice » (1885) — phase antérieure de la composition mnwr.pl
  3. Marian Gorzkowski, Wskazówki do najnowszego obrazu Jana Matejki „Kościuszko pod Racławicami” (1888) — notice des personnages rédigée par le secrétaire du peintre — base de toutes les identifications ultérieures
  4. Halina Blak, étude sur le tableau ; Franciszek Ziejka sur le voyage de Matejko à Racławice — genèse de l’œuvre, acomptes du comité, remise du 14 mai 1888, tournée d’expositions
  5. « Z krakowskiej kolekcji », Patriotyczny Kraków — chronologie des travaux 1885–1888, fréquentation du Musée, mots de Matejko sur l’échange contre Sobieski patriotycznykrakow.pl
  6. Wikipédia (PL/EN), article sur le tableau — bibliographie, expositions 1888–1889, reproductions de Kossak, censure russe pl.wikipedia.org
  7. Polonijna Agencja Informacyjna, Kościuszko : l’homme qui a devancé son temps — film biographique sur le Naczelnik www.youtube.com

La numérotation des cadres est la nôtre — Matejko n’a pas laissé de feuille de clé comme Trumbull en a dressé pour ses toiles. Les cadres marqués d’un repère plein décrivent ce que l’on voit sur la toile ; le repère en pointillé signale une attribution nominale reprise des anciennes notices du tableau (Gorzkowski et la littérature ultérieure), qu’il est aujourd’hui impossible de vérifier sur un visage précis. Les faits sur la bataille et sur l’histoire du tableau ont été vérifiés dans les sources muséales et les études citées ci-dessus.