Déclaration d’indépendance. Quarante-sept visages — et le nouveau venu qui n’y est pas encore
Quarante-sept hommes de la clé de Trumbull, chacun avec son cadre et une réponse honnête à la question de qui il était et de ce qu’il a fait. La république de ce tableau a quelques heures. Sept semaines plus tard, un ingénieur polonais de trente ans entrera dans la même salle — avec une demande d’emploi.
John Trumbull, Declaration of Independence huile sur toile, 365,8 × 548,6 cm (12 × 18 pieds) commande du Congrès 1817 · achevé 1818 · Rotonde du Capitole depuis 1826 scène : Philadelphie, 28 juin 1776 — présentation du projet au Congrès
La toile et ses repères
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La toile de la Rotonde mesure cinq mètres et demi de large ; ici aussi elle dépasse l’écran — faites-la glisser latéralement. Un clic sur un numéro ou une vignette la déplace pour vous. Le bouton « Agrandir la toile » double l’échelle — elle se déplace alors dans les deux sens ; sortie par la touche Échap.
Repère à contour plein : personnage identifié par ses traits ou son costume. En pointillé : place admise d’après l’ordre de la clé de Trumbull — à confirmer sur un scan haute résolution.
Une haute salle aux murs gris et au plafond à poutres ; des rideaux rouges de part et d’autre, deux portes au fond. Sur le mur du fond, des drapeaux britanniques pris à l’ennemi, croisés, et des tambours. Au centre, devant une table couverte d’un drap vert, se tiennent cinq hommes : John Adams en habit brun, la main sur la hanche, le grand Roger Sherman, Robert Livingston aux cheveux sombres, le plus grand de tous, Thomas Jefferson en gilet rouge, qui pose quelques feuillets sur la table, et Benjamin Franklin aux longs cheveux gris. Derrière la table, à droite, le président du Congrès John Hancock est assis dans un fauteuil ; derrière son épaule se tient le secrétaire Charles Thomson, en noir. À gauche, deux groupes de délégués — assis à de petites tables et cinq debout le long du mur ; au fond, sous les drapeaux, trois hommes, l’un en chapeau quaker. À droite, derrière Hancock, cinq autres debout ; le plus proche du spectateur, le jeune Edward Rutledge en gilet jaune. Un tapis au sol ; la lumière vient de la gauche. Kościuszko n’est pas dans le tableau — il arrivera à Philadelphie sept semaines après cette scène.
Le tableau décrit en mots
Une haute salle aux murs gris et au plafond à poutres ; des rideaux rouges de part et d’autre, deux portes au fond. Sur le mur du fond, des drapeaux britanniques pris à l’ennemi, croisés, et des tambours. Au centre, devant une table couverte d’un drap vert, se tiennent cinq hommes : John Adams en habit brun, la main sur la hanche, le grand Roger Sherman, Robert Livingston aux cheveux sombres, le plus grand de tous, Thomas Jefferson en gilet rouge, qui pose quelques feuillets sur la table, et Benjamin Franklin aux longs cheveux gris. Derrière la table, à droite, le président du Congrès John Hancock est assis dans un fauteuil ; derrière son épaule se tient le secrétaire Charles Thomson, en noir. À gauche, deux groupes de délégués — assis à de petites tables et cinq debout le long du mur ; au fond, sous les drapeaux, trois hommes, l’un en chapeau quaker. À droite, derrière Hancock, cinq autres debout ; le plus proche du spectateur, le jeune Edward Rutledge en gilet jaune. Un tapis au sol ; la lumière vient de la gauche. Kościuszko n’est pas dans le tableau — il arrivera à Philadelphie sept semaines après cette scène.
Quarante-sept cadres
Les numéros sont ceux d’origine — ceux que Trumbull a donnés aux personnages sur sa propre feuille de clé. Les cadres proviennent de la reproduction de 3 000 px de l’Architect of the Capitol ; les visages du second plan y sont flous.
Notice du personnage choisi
1
Personnage numéro 1. George Wythe
délégué de Virginie · juriste · 1726–1806
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherTout à gauche, au bord même de la toile — la tête en partie coupée par le cadre ; premier numéro de la clé.
À savoirProfesseur de droit de Jefferson à Williamsburg et premier professeur de droit d’Amérique (College of William & Mary, 1779). En 1776, il ne siégea au Congrès que jusqu’en juin ; il signa plus tard. Il mourut empoisonné — très probablement par un parent, le petit-fils de sa sœur, qu’il avait déshérité.
Ce que le peintre en a faitTrumbull commença sa numérotation par lui, depuis le bord gauche. Sur la gravure du billet de deux dollars (1976), les quatre personnages les plus à gauche, dont Wythe, ont tout simplement été coupés.
délégué du New Hampshire · négociant, puis général de brigade de la milice · 1730–1785
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherDeuxième à partir de la gauche, juste derrière Wythe, dans la rangée de têtes au-dessus de la petite table.
À savoirCapitaine de navire enrichi par le commerce — y compris celui des esclaves — qui commanda en 1777 la milice du New Hampshire à Saratoga : il signa la convention de capitulation de Burgoyne comme l’un des commissaires américains. Il affranchit son esclave Prince.
Ce que le peintre en a faitMort en 1785, un an avant la première esquisse de Trumbull ; le visage vient d’une autre effigie. Le seul homme présent sur les deux toiles de Trumbull étudiées sur ce site — ici sous le numéro 2, à Saratoga comme commissaire de la capitulation.
Où le chercherTroisième à partir de la gauche dans la rangée de têtes derrière la table, cheveux bruns sans perruque.
À savoirMédecin de Kingston ; le 2 juillet 1776, il fut le premier à répondre « oui » au vote sur l’indépendance — le New Hampshire votait en premier. Plus tard gouverneur de l’État.
Ce que le peintre en a faitTête d’après un portrait ; Trumbull ne le connaissait pas personnellement.
Où le chercherAssis en habit gris au premier plan à gauche, le chapeau sur le genou ; la plus grande figure du groupe de gauche.
À savoirIl présida le Congrès siégeant en comité plénier pendant les jours du débat sur la Déclaration. Père et bisaïeul de deux présidents des États-Unis. En juin 1776, il entra au premier Board of War du Congrès — l’organe par lequel passaient les candidatures des officiers étrangers, dont celle de Kościuszko.
Ce que le peintre en a faitTrumbull a souligné sa corpulence — Harrison plaisantait lui-même : vu son poids, il « mourrait en une minute » à la potence, tandis que le maigre Gerry « danserait une heure ».
Où le chercherQuatrième tête à partir de la gauche dans la rangée arrière du groupe de gauche ; cheveux sombres, le plus jeune visage de la rangée.
À savoirAprès Rutledge, le plus jeune signataire — 27 ans. Il remplaça au Congrès son père malade. Disparu en mer en 1779, en route vers une cure ; il avait 30 ans.
Ce que le peintre en a faitTrumbull le peignit d’après une miniature — Lynch était mort depuis sept ans lors de la première esquisse.
délégué de Virginie · auteur de la résolution d’indépendance · 1732–1794
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherAssis à la petite table de gauche, en habit rouge et perruque blanche, la plume à la main — la seule figure du groupe montrée en entier.
À savoirLe 7 juin 1776, il déposa la résolution : « ces Colonies unies sont, et doivent être de droit, des États libres et indépendants ». Ces jours-là, Kościuszko se préparait à quitter la France pour l’Amérique. Plus tard président du Congrès (1784–1785).
Ce que le peintre en a faitTrumbull a installé l’auteur de la résolution à sa propre table, sur le côté — loin du Comité des Cinq, alors que tout partit de sa motion.
délégué du Massachusetts · organisateur de la résistance de Boston · 1722–1803
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherAssis derrière Harrison, à sa droite ; perruque grise, profil tourné vers le centre.
À savoirCousin de John Adams, l’homme des Fils de la Liberté et du thé de Boston. Au Congrès de 1774 à 1781 ; plus tard gouverneur du Massachusetts.
Ce que le peintre en a faitTrumbull le peignit d’après nature à Boston — l’une des têtes prises « sur le modèle vivant », comme le peintre le soulignait dans sa description du tableau.
délégué de New York · gouverneur à partir de 1777 · 1739–1812
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherTroisième dans la rangée des hommes assis à droite de Harrison.
À savoirIl ne signa pas la Déclaration — en juillet 1776, il partit commander la milice sur l’Hudson. Gouverneur de New York pendant dix-huit ans, il eut la charge de la défense de la vallée de l’Hudson, donc de West Point, que Kościuszko fortifia en 1778–1780. Plus tard vice-président des États-Unis.
Ce que le peintre en a faitL’un des cinq hommes de la toile qui ne signèrent jamais ; Trumbull lui donna une place comme participant au débat.
Où le chercherPremier à gauche dans le groupe des cinq debout derrière Harrison ; perruque grise, habit olive.
À savoirRiche juriste d’Annapolis, plus tard gouverneur du Maryland et juge fédéral. L’un des quatre signataires du Maryland.
Ce que le peintre en a faitLes cinq debout (9–13) forment la partie la plus « portrait » du tableau — Trumbull les a alignés comme pour une effigie de groupe, sans part à l’action.
Où le chercherDeuxième des cinq debout, cheveux sombres sans perruque.
À savoir« Le Bacchus d’Annapolis », comme on le surnommait pour son tempérament. Plus tard juge à la Cour suprême des États-Unis et seul juge de cette cour jamais soumis à une procédure d’impeachment (1805) — acquitté.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué de New York · propriétaire de Morrisania · 1726–1798
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherTroisième des cinq debout, cheveux gris, tourné vers la droite.
À savoirIl signa bien que son domaine de Morrisania se trouvât sur le chemin de l’armée britannique ; la propriété fut ruinée. Demi-frère de Gouverneur Morris, rédacteur du texte final de la Constitution.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué de New York · fermier de Long Island · 1734–1821
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherQuatrième des cinq debout, avec des lunettes.
À savoirLes Britanniques occupèrent sa ferme de Long Island pendant sept ans. Plus tard représentant au premier Congrès des États-Unis.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherDernier des cinq debout, de profil, en partie caché ; habit rouge.
À savoirAprès la chute de Charleston (1780), emprisonné par les Britanniques à St. Augustine. La ville au nom de laquelle il signa la Déclaration fut rendue aux Américains le 14 décembre 1782 — Kościuszko était parmi les troupes de Greene qui y entrèrent.
Ce que le peintre en a faitTrumbull ne le trouva plus en vie (m. 1787) ; le visage vient d’un portrait de famille.
Où le chercherPremier des hommes assis de la rangée du milieu, à droite de Clinton ; front dégarni, habit sombre.
À savoirExact contemporain de Kościuszko (tous deux nés en 1746). Capitaine d’artillerie, blessé en 1779, prisonnier après la chute de Charleston — détenu à St. Augustine avec Middleton et Rutledge.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Personnage numéro 15. Charles Carroll of Carrollton
délégué du Maryland · planteur · 1737–1832
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherDeuxième de la rangée du milieu des hommes assis, la tête levée vers le Comité.
À savoirSeul catholique parmi les signataires et le plus longévif d’entre eux — mort en 1832 à 95 ans, dernier témoin. Formé chez les jésuites en Flandre et à Paris, comme Kościuszko — une génération plus tôt.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherTroisième de la rangée du milieu des hommes assis.
À savoirOrphelin, apprenti charpentier avant de devenir juriste. Blessé et fait prisonnier à Savannah (1778). Plus tard gouverneur et sénateur de Géorgie.
Ce que le peintre en a faitSur la gravure du billet de deux dollars, c’est lui qui fut supprimé du milieu du groupe — la seule lacune de ce genre dans la rangée.
délégué de Pennsylvanie · négociant, « financier de la Révolution » · 1734–1806
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherQuatrième de la rangée du milieu, visage massif tourné droit vers le spectateur.
À savoirIl s’abstint le 2 juillet et signa le 2 août. Surintendant des Finances (1781–1784), il tenait la caisse d’où l’armée — et Kościuszko — devaient recevoir leurs arriérés de solde. Il finit en prison pour dettes.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherCinquième de la rangée du milieu des hommes assis.
À savoirAssocié de Robert Morris ; il vota contre l’indépendance et ne signa pas — et pourtant il est dans le tableau. Premier président de la Bank of North America et de la Bank of the United States.
Ce que le peintre en a faitDeuxième des cinq « non-signataires » de la toile. Trumbull peignait le débat, non la signature — c’est ce qui lui permit de l’y placer.
Où le chercherSixième de la rangée du milieu, profil en perruque blanche.
À savoirContemporain de Kościuszko et son médecin : à l’automne 1797, à Philadelphie, il soigna les blessures à la tête et au dos que le général avait reçues à Maciejowice. C’est Rush qui conduisit le chef polonais dans les salons de la ville — voir le chapitre VII.
Ce que le peintre en a faitTrumbull connaissait Rush personnellement ; la tête fut peinte à Philadelphie.
Où le chercherSeptième de la rangée du milieu, la main au menton.
À savoirLe mot « gerrymandering » vient de son nom. Il refusa de signer la Constitution et devint vice-président sous Madison. Petit et maigre — l’opposé de Harrison.
Ce que le peintre en a faitTrumbull le peignit d’après nature.
Où le chercherHuitième de la rangée du milieu, de profil.
À savoirProcureur au procès des soldats britanniques après le massacre de Boston (1770), où John Adams assurait la défense. Surnommé l’« Objection Maker » pour son habitude de s’opposer.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherNeuvième de la rangée du milieu, le dernier avant le groupe sous les drapeaux.
À savoir« L’avocat des pauvres » — il donnait ses conseils gratuitement. Les Britanniques retinrent deux de ses fils sur le navire-prison Jersey ; il refusa de demander leur libération en échange d’un changement de position.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué de Rhode Island · ancien gouverneur · 1707–1785
Identifié sur la toile
Où le chercherLe seul en chapeau — debout au fond, sous les drapeaux pris à l’ennemi ; chapeau quaker à large bord.
À savoirAprès Franklin, le plus âgé des signataires (69 ans). Il souffrait d’un tremblement des mains ; en signant, il aurait dit : « ma main tremble, mais pas mon cœur ». Le chapeau est un signe de sa foi, non un manque de manières.
Ce que le peintre en a faitMort en 1785 — le visage vient d’un portrait. Le chapeau fait de lui la figure la plus reconnaissable du second plan.
Où le chercherAvec des lunettes, juste derrière Hopkins, sous les drapeaux.
À savoirIl se posta près de la table pour observer les visages des signataires — « j’y ai vu une résolution inébranlable ». Les Britanniques brûlèrent sa maison de Newport. Il fut receveur des douanes à Newport jusqu’à sa mort, à 92 ans.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherTroisième du groupe sous les drapeaux, profil tourné vers le Comité.
À savoirL’un des six hommes qui signèrent et la Déclaration et la Constitution. Trésorier du Congrès continental en 1776 — des soldats britanniques saccagèrent sa maison après la bataille de Brandywine.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherPremier des deux hommes assis à droite du groupe de Clark, perruque blanche, visage tourné vers le spectateur.
À savoirNé à Boston, formé auprès de James Otis. En 1774, il prédisait dans une lettre que les colonies « bâtiraient un empire sur les ruines de la Grande-Bretagne ».
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué de Caroline du Nord · négociant, armateur · 1730–1779
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherDeuxième des hommes assis, derrière Hooper.
À savoirÉlevé parmi les quakers, il rompit avec leur pacifisme pour soutenir la guerre. À la tête du comité de la marine du Congrès, il donna à John Paul Jones son premier commandement. Il mourut à Philadelphie en 1779, sans voir la fin de la guerre.
Ce que le peintre en a faitMort sept ans avant la première esquisse — le visage vient d’une autre effigie.
Où le chercherAssis plus près du Comité, avec des lunettes, perruque blanche.
À savoirÉcossais du Fife, l’un des grands esprits juridiques de la Révolution ; coauteur de la Constitution, juge à la Cour suprême. En juin 1776, il entra au premier Board of War du Congrès. Il mourut poursuivi par ses créanciers.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué du New Jersey · juriste, compositeur · 1737–1791
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherLe dernier des hommes assis avant le Comité des Cinq, cheveux sombres, tourné vers la droite.
À savoirPremier compositeur profane américain, satiriste et dessinateur — on lui attribue le dessin du drapeau aux étoiles et aux bandes. Juge et ami de Franklin.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué du Massachusetts · Comité des Cinq · président du Board of War · 1735–1826
Identifié sur la toile
Où le chercherPremier à gauche des cinq debout devant la table de Hancock, habit brun, la main sur la hanche.
À savoirMoteur de l’indépendance au Congrès et, dès juin 1776, président du Board of War — l’organe qui recevait les candidatures des officiers, dont celle de Kościuszko du 30 août 1776. Vingt ans plus tard, président, il signera les lois sur les étrangers (1798) — Kościuszko quittera l’Amérique, en secret, quelques semaines avant.
Ce que le peintre en a faitTrumbull le peignit d’après nature à Londres en 1787, où Adams était ministre. La légende selon laquelle Jefferson lui marche sur le pied vient de la gravure — sur la toile, les pieds se touchent à peine.
délégué du Connecticut · Comité des Cinq · ancien cordonnier · 1721–1793
Identifié sur la toile
Où le chercherDeuxième du Comité, derrière Adams, le plus grand du groupe ; habit gris.
À savoirLe seul homme à avoir signé les quatre grands documents : les Articles d’Association (1774), la Déclaration, les Articles de la Confédération et la Constitution. Membre du premier Board of War du Congrès (1776).
Ce que le peintre en a faitTrumbull le peignit d’après nature à New Haven.
Où le chercherTroisième du Comité, entre Sherman et Jefferson, cheveux sombres.
À savoirContemporain de Kościuszko. Membre du comité de rédaction qui pourtant ne signa pas — il partit pour New York avant le 2 août. Plus tard chancelier de l’État (c’est lui qui reçut le serment de Washington en 1789) et négociateur de l’achat de la Louisiane.
Ce que le peintre en a faitTroisième « non-signataire » de la toile — et le seul au sein du Comité des Cinq.
délégué de Virginie · Comité des Cinq · auteur du projet · 1743–1826
Identifié sur la toile
Où le chercherAu centre du Comité, le plus grand, en gilet rouge ; il pose le document sur la table devant Hancock.
À savoirAuteur du texte de la Déclaration, ami de Kościuszko et exécuteur de son testament américain de 1798 — qu’il n’exécuta pas ; voir le chapitre VII. « Le plus pur fils de la liberté que j’aie connu », écrivit-il du Polonais en 1798. C’est Jefferson qui l’aida, en mai 1798, à quitter l’Amérique en secret.
Ce que le peintre en a faitTrumbull le peignit d’après nature à Paris en 1786, logeant chez lui ; Jefferson lui dessina de mémoire le plan de la salle — d’où des portes qui ne sont pas à leur vraie place. Le gilet rouge est la seule couleur forte du Comité.
délégué de Pennsylvanie · Comité des Cinq · 1706–1790
Identifié sur la toile
Où le chercherDernier à droite du Comité, longs cheveux gris sans perruque, habit sombre.
À savoirLe plus âgé des signataires (70 ans). À la fin de l’été 1776, il était encore à Philadelphie — il ne s’embarqua pour la France que fin octobre. Selon le récit conservé par les biographes de Kościuszko, c’est lui qui fit passer au nouveau venu un examen de géométrie et lui donna une recommandation pour le Congrès. Kościuszko arrivait de France ; Franklin s’y rendait à peine.
Ce que le peintre en a faitFranklin mourut en 1790, avant que Trumbull ne l’atteigne avec son pinceau ; la tête repose sur le portrait de Duplessis — le visage que le monde entier connaît par le billet de cent dollars.
Où le chercherPremier des quatre hommes assis derrière la table, à droite de Franklin.
À savoirLe seul signataire emprisonné par les Britanniques uniquement pour sa signature — livré par des loyalistes en novembre 1776, libéré la santé ruinée. Il mourut en 1781.
Ce que le peintre en a faitMort cinq ans avant la première esquisse — le visage vient d’une autre effigie.
Où le chercherDeuxième des quatre hommes assis derrière la table.
À savoirGallois de Llandaff. Les Britanniques détruisirent sa maison de Long Island et emprisonnèrent sa femme ; elle mourut peu après sa libération. New York ne donna son « oui » que le 9 juillet — c’est pourquoi ses délégués signèrent en août.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué du New Jersey · pasteur, président du College of New Jersey · 1723–1794
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherTroisième des quatre hommes assis derrière la table, en noir d’ecclésiastique.
À savoirSeul ecclésiastique parmi les signataires et président du collège de Princeton, dont les Britanniques firent une caserne. Quand on disait que le pays n’était « pas mûr » pour l’indépendance, il répondit qu’il risquait plutôt « de pourrir faute de la saisir ».
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherDernier des quatre hommes assis derrière la table, le plus proche de Hancock.
À savoirPrésident du Congrès de 1779 à 1781 — c’est-à-dire pendant que Kościuszko construisait les ouvrages de West Point et que le Congrès écoutait les rapports venus de l’Hudson. Plus tard gouverneur du Connecticut pendant dix ans.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherDebout derrière les quatre assis, cheveux sombres, habit rouge.
À savoirGendre du gouverneur Trumbull — le père du peintre. Il vint au Congrès en juillet 1776 à la place de Wolcott et signa sans avoir voté. Il céda sa maison pour loger des officiers français.
Ce que le peintre en a faitAffaire de famille : le peintre a portraituré le mari de sa propre sœur.
délégué du Connecticut · général de milice · 1726–1797
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherDebout derrière les quatre assis, à droite de Williams, perruque grise.
À savoirMalade en juillet 1776, il signa plus tard. Il commanda la milice du Connecticut à Saratoga ; la statue de plomb de George III abattue à New York, il la fit fondre chez lui, à Litchfield, en 42 000 balles.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
Où le chercherAssis dans le fauteuil derrière la table à droite, en habit sombre, profil en perruque abondante ; il reçoit le document du Comité.
À savoirLa signature la plus célèbre d’Amérique. Président du Congrès, il signa les actes du Congrès de 1776 — dont la résolution du 18 octobre qui faisait de Kościuszko colonel du génie de l’Armée continentale. L’homme le plus riche de la Nouvelle-Angleterre, plus tard gouverneur du Massachusetts.
Ce que le peintre en a faitLa seule figure montrée dans le fauteuil présidentiel ; Trumbull a bâti toute la composition sur l’axe Jefferson–Hancock.
Où le chercherDebout derrière Hancock, à son épaule droite, en noir ; la tête placée le plus haut à droite.
À savoirIrlandais d’Ulster, « l’homme qui dit la vérité » — ainsi le nommèrent les Delawares. Pendant quinze ans, il consigna chaque décision du Congrès, y compris celle concernant l’ingénieur polonais. Il n’était pas délégué ; les historiens débattent encore de savoir s’il signa l’original perdu de la Déclaration.
Ce que le peintre en a faitLa seule figure n’appartenant pas au Congrès — Trumbull lui donna une place comme mémoire de l’institution.
Où le chercherPremier du groupe debout au bord droit, perruque grise, visage vers le spectateur.
À savoirIl vota contre l’indépendance le 2 juillet — et signa le 2 août. L’un des six signataires de la Déclaration et de la Constitution ; premier sénateur du Delaware.
Ce que le peintre en a faitTête prise, selon Trumbull, d’après nature ou d’après un portrait fiable ; le peintre affirmait n’avoir inventé aucun des 47 visages.
délégué de Pennsylvanie et du Delaware · « plume de la Révolution » · 1732–1808
Place d’après l’ordre de la clé
Où le chercherDebout au fond du groupe de droite, de profil derrière Read.
À savoirAuteur des « Lettres d’un fermier de Pennsylvanie » — le publiciste le plus influent de la résistance, qui jugea pourtant juillet 1776 prématuré et ne signa pas. Le seul des réfractaires à partir aussitôt se battre : comme simple soldat de la milice. Trumbull l’a placé malgré tout.
Ce que le peintre en a faitQuatrième « non-signataire » — le peintre a honoré un adversaire qui n’a pas trahi.
Où le chercherLa figure la plus en avant du groupe de droite — debout en entier, gilet jaune, front dégarni.
À savoirLe plus jeune signataire (26 ans). C’est lui qui obtint le report du vote du 1er au 2 juillet pour que la Caroline du Sud pût changer de position. Membre du premier Board of War du Congrès (1776). Prisonnier après Charleston, détenu à St. Augustine.
Ce que le peintre en a faitTrumbull a donné au plus jeune le plus de toile à droite — contrepoids à Lee, à gauche.
Où le chercherAu bord droit, cheveux sombres, visage de profil.
À savoirC’est lui qui appela Caesar Rodney à sa chevauchée nocturne depuis Dover pour que le Delaware votât « oui ». Il signa le dernier de tous — peut-être seulement en 1781. Président du Congrès dans les mois de Yorktown (1781).
Ce que le peintre en a faitSur la gravure du billet de deux dollars, les deux personnages les plus à droite — McKean et Livingston — ont été coupés.
Où le chercherLe dernier, au bord droit même de la toile — la tête coupée par le cadre, comme Wythe de l’autre côté.
À savoirRiche négociant de New York, oncle de Robert R. du Comité des Cinq. Il mourut à York, en Pennsylvanie, en juin 1778, pendant une session du Congrès — l’un des premiers signataires à disparaître après la signature.
Ce que le peintre en a faitTrumbull ne le vit jamais ; le visage vient d’un portrait de famille. Dernier numéro de la clé.
La scène se passe le 28 juin 1776. Kościuszko est alors sur l’Atlantique — parti de France en juin, il a dix semaines de traversée devant lui. Il atteint Philadelphie fin août et, le 30 août, dépose au Congrès sa demande d’admission au service. La république où il débarque n’a pas huit semaines ; son armée n’a pas encore d’uniformes, et le Congrès pas d’argent. Personne ne sait ce que sera cette guerre. La Fayette viendra un an plus tard, Pułaski en 1777, Steuben en 1778.
La salle du tableau est celle où il s’est tenu. Cinq des hommes de cette toile siégeaient au premier Board of War du Congrès, par lequel passaient les affaires d’officiers : John Adams (30), Roger Sherman (31), Benjamin Harrison (4), James Wilson (28) et Edward Rutledge (45). Franklin (34) — selon le récit conservé par les biographes — fit passer au nouveau venu un examen de géométrie et lui donna une recommandation ; il ne s’embarqua pour la France que fin octobre. Le 18 octobre 1776, le Congrès fit du Polonais un colonel du génie ; la résolution porte le nom de Hancock (41), et Thomson (42) en tint le procès-verbal.
Trois autres fils mènent de ce tableau à Kościuszko. Benjamin Rush (19), son contemporain, soignera en 1797 ses blessures de Maciejowice. Thomas Jefferson (33) deviendra son plus proche ami américain et l’exécuteur d’un testament qu’il n’exécutera pas. Et les trois délégués de Caroline du Sud — Middleton (13), Heyward (14) et Rutledge (45) — tomberont en captivité britannique après la chute de Charleston ; la ville au nom de laquelle ils signèrent la Déclaration sera rendue aux Américains le 14 décembre 1782, et Kościuszko sera parmi ceux qui y entrent. Cette page ne l’ajoute pas au tableau. Elle montre qui l’attendait ici.
—Tadeusz Kościuszko, capitaine sans affectationen route — Philadelphie, fin août 1776
Trumbull a omis quatorze signataires (dont Caesar Rodney et sa chevauchée nocturne vers Philadelphie, et Button Gwinnett de Géorgie) ; cinq des présents n’ont jamais signé : Clinton (8), Willing (18), Livingston (32), Dickinson (44) et le secrétaire Thomson (42). Le tableau n’est pas un procès-verbal — c’est la mémoire que la république garde d’elle-même.
Avant Trumbull
Le Congrès qui vote
Robert Edge Pine (1784–1788) et Edward Savage (jusque vers 1801), Congress Voting Independence, huile sur toile · Independence National Historical Park, Philadelphie · domaine public (reproduction : Wikimedia Commons / Google Art Project)
Robert Edge Pine commença ce tableau à Philadelphie en 1784, la vraie salle d’assemblée sous les yeux — ses fenêtres, ses cheminées, ses lambris ; il mourut en 1788 sans l’avoir achevé. Edward Savage compléta les portraits manquants et publia une gravure en 1801. C’est la seule représentation de la scène exécutée sur place, du vivant de la plupart des participants.
Trumbull ne connaissait la salle que par un croquis de mémoire de Jefferson, fait à Paris en 1786 — d’où des portes qui ne sont pas à leur place, et au mur des drapeaux pris à l’ennemi que personne n’avait encore pris en 1776. Pine a l’architecture, Trumbull a les visages. La république a choisi les visages.
Peinture, non reportage
Ce qui n’eut pas lieu le 4 juillet
Le jour
Le tableau ne montre pas le 4 juillet. Trumbull lui-même disait qu’il s’agissait du 28 juin — le Comité des Cinq présentant son projet. Le vote eut lieu le 2 juillet, le texte fut adopté le 4, et la signature commença le 2 août — pour durer des mois. Il n’y eut jamais d’instant où ces quarante-sept hommes se tinrent ensemble dans cette salle.
La salle
Les portes ne sont pas là où elles sont à l’Independence Hall, et au mur pendent des drapeaux et des tambours britanniques — trophées que le Congrès n’avait pas en juin 1776. Trumbull peignit la salle d’après un croquis que Jefferson lui dessina de mémoire à Paris, dix ans après les faits.
Les hommes
Quatorze signataires ont été omis, faute d’effigies fiables — le peintre préférait les lacunes aux visages inventés. Cinq des présents n’ont jamais signé. Trumbull soutenait que chacun des 47 visages était authentique : d’après nature ou d’après un portrait.
Le pied
La légende veut que Jefferson écrase le pied d’Adams — signe de la querelle de deux amis rivaux. C’est une illusion de la gravure de 1823 ; sur la toile, les pieds se touchent à peine. Sur le billet de deux dollars (depuis 1976), le tableau compte 42 personnes : les extrêmes des deux côtés ont été coupés, et deux visages ajoutés.
Histoire du tableau
De la maison de Jefferson à la Rotonde
1786Trumbull, à Paris, chez Jefferson près de la Grille de Chaillot, commence la petite version (aujourd’hui à Yale) ; Jefferson lui dessine de mémoire le plan de la salle et pose le premier.
1787–1794Le peintre parcourt l’Angleterre et les États avec ses miniatures : Adams à Londres, Sherman, Gerry, Rush, Hancock et des dizaines d’autres — des visages « sur le modèle vivant ». Les morts, il les prend dans des portraits d’autres mains.
1817Le Congrès commande quatre scènes pour la Rotonde — 8 000 dollars chacune. La Déclaration vient en premier.
1818La grande toile est achevée ; dès octobre, elle est montrée à New York, Boston, Philadelphie et Baltimore — la tournée attire les foules et rapporte au peintre quelque dix mille dollars.
1819Le tableau est livré à Washington ; il est accroché provisoirement au Capitole.
1823Asher B. Durand achève la gravure d’après le tableau — c’est elle qui répandra la composition dans toute l’Amérique (et qui est responsable de la légende du pied).
1826Accroché dans la Rotonde achevée, où il se trouve encore — la première des huit grandes toiles de la salle.
1832La petite version (53 × 79 cm) entre à Yale contre une rente viagère pour le peintre.
1976Une gravure d’après le tableau au revers du billet de deux dollars, pour le bicentenaire de l’indépendance.
2008Dernier nettoyage des huit toiles de la Rotonde.
Où il est accroché
La Rotonde du Capitole
La toile est accrochée là où Trumbull lui-même l’a placée : dans la Rotonde du Capitole des États-Unis à Washington — une salle circulaire de 29 mètres de diamètre, sous une coupole de 55 mètres. Sur ses murs, huit tableaux de même format, 12 × 18 pieds (3,66 × 5,49 m). Quatre d’entre eux sont des scènes de la Révolution commandées à Trumbull en 1817 : la Déclaration d’indépendance, la Capitulation de lord Cornwallis, la Capitulation du général Burgoyne et la Démission du général Washington. Les quatre autres — scènes de découverte et de colonisation — furent ajoutées entre 1840 et 1855.
La Déclaration est la plus célèbre des huit toiles et la première entrée dans la salle. Elle voisine avec la Capitulation de Burgoyne — le tableau où Kościuszko n’apparaît pas, bien que ce soient ses redoutes qui aient gagné cette bataille. Deux toiles, deux absences : ici il n’est pas encore arrivé, là on ne l’a jamais peint.
La tournéeAvant que la toile n’atteigne le Capitole, Trumbull la montra contre paiement à New York, Boston, Philadelphie et Baltimore (1818–1819). Le tableau devint lui-même un événement : la première « exposition itinérante » de l’histoire des États-Unis.
La coupole de la Rotonde vue de l’intérieur ; dans l’oculus, l’Apothéose de Washington de Brumidi (1865). Photo : Architect of the Capitol · domaine public (œuvre du gouvernement des États-Unis)
Chapitres
Le film ne se lance qu’après un clic, depuis le domaine youtube-nocookie.com — jusque-là, la page n’établit aucune connexion avec YouTube. Sans consentir à la lecture : ouvrir le film sur YouTube (à partir de 2:56). Document de l’Architect of the Capitol — œuvre du gouvernement des États-Unis, domaine public. Les sous-titres (PL, EN, FR) ont été préparés par kosciuszko.world d’après la bande-son du film ; ils s’affichent aussi en plein écran — utilisez le bouton « Plein écran » sous le film.
Transcription du film
Le commentaire de l’Architect of the Capitol, traduit par kosciuszko.world ; les repères temporels mènent au passage correspondant du film.
La Rotonde
Imaginez que vous entrez dans la Rotonde du Capitole des États-Unis comme ses concepteurs l’avaient voulu. Vous gravissez les marches de temple de la façade est et pénétrez dans un espace immense, face à ces tableaux de John Trumbull, grands comme des fresques. Installés en 1826, ils représentent quatre scènes de la Révolution, deux civiles et deux militaires, des événements fondateurs du récit des origines de l’Amérique.
La Rotonde du Capitole des États-Unis a été décrite comme le cœur politique de la nation. Cet espace saisissant exprime la puissance non de l’Église ni du monarque, mais d’un gouvernement par le peuple et pour le peuple, l’idée même que Trumbull voulait souligner. À l’origine, la fonction de la Rotonde était ouverte et symbolique, terrain fertile pour tableaux, fresques et sculptures qui devaient en enrichir le sens.
Sur les dessins de l’architecte William Thornton, puis de son successeur, Benjamin Henry Latrobe, la Rotonde est appelée Grand Vestibule et Salle du Peuple. Depuis son achèvement en 1826, la Rotonde sert de musée civique et de scène nationale pour les cérémonies communes de la Chambre et du Sénat, les grandes solennités, dont les hommages funèbres à des citoyens éminents. Par ses dimensions immenses et son art monumental, elle a toujours été une attraction, une sorte de lieu de pèlerinage attirant les visiteurs au centre de Washington.
Quatre tableaux
En 1817, le Congrès commande à John Trumbull ces quatre tableaux pour la Rotonde du Capitole : la première commande de ce genre à un Américain, pour un espace qui n’était pas encore construit, et la première fois que le Congrès se fait mécène des arts. Les quatre tableaux achevés par Trumbull sont la Déclaration d’indépendance, puis la Reddition de lord Cornwallis à Yorktown, la Reddition du général Burgoyne à Saratoga, et, pour clore la série, la Démission du général Washington.
Déclaration
Le premier tableau achevé de la série fut la Déclaration d’indépendance. Il représente l’instant du 28 juin 1776 où le premier projet de la Déclaration d’indépendance est présenté au Second Congrès continental, une suite d’événements que Trumbull condense en une seule image. Dans le groupe central du tableau, Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration, dépose le document devant John Hancock, président du Congrès.
À ses côtés, les autres membres du comité qui rédigea le projet : John Adams, Roger Sherman, Robert Livingston et Benjamin Franklin. La Déclaration d’indépendance compte 56 signataires. Trumbull en représente 47, dont cinq qui ne l’ont pas signée.
Il prit une liberté d’artiste en montrant Jefferson non pas seul, mais parmi les autres membres du comité de rédaction. La Déclaration offre une étude de cas fascinante sur la méthode de Trumbull. Elle commença sans doute à l’automne 1786, chez Jefferson, à Paris.
Trumbull voulait y faire figurer les 56 signataires, mais il ne put se procurer tous les portraits. Sur les 47 portraits, 36 furent pris d’après nature. Les autres, copiés sur un portrait existant ou pris sur un fils, en guise de substitut.
Cornwallis
Le deuxième tableau que Trumbull acheva pour la Rotonde fut la Reddition de lord Cornwallis. Son sujet est la reddition de l’armée britannique à Yorktown, en Virginie, en 1781, qui mit fin à la dernière grande campagne de la guerre d’Indépendance. Le ciel bleu chargé de nuages sombres et le canon brisé évoquent les combats qui ont mené à cet événement.
Au centre de la scène apparaît le général américain Benjamin Lincoln, monté sur un cheval blanc. Il tend la main droite vers l’épée que porte l’officier britannique qui se rend, à la tête de la longue colonne de troupes qui s’étire vers le fond. À gauche, des officiers français, à pied et à cheval, sous la bannière blanche des Bourbons.
À droite, les officiers américains sous la bannière étoilée. Parmi eux, le marquis de La Fayette et le colonel Jonathan Trumbull, frère du peintre. Le général George Washington, sur un cheval brun, reste à l’arrière-plan, car lord Cornwallis lui-même n’assista pas à la reddition.
Burgoyne
Le troisième tableau achevé par Trumbull fut la Reddition du général Burgoyne à Saratoga, terminée en décembre 1821. Burgoyne est au centre ; à sa gauche, William Phillips, major général britannique. Au centre, Gates refuse l’épée de Burgoyne et lui offre plutôt l’hospitalité, en l’invitant sous la tente à se rafraîchir.
Au sommet de la tente, le drapeau américain flotte au vent. Sur les côtés, des officiers américains assistent à l’événement. Leurs tenues variées reflètent leurs différentes unités.
La plupart n’y étaient pas : ils se trouvaient plus bas, près de la rivière, avec leurs troupes. Trumbull montre des hommes présents le jour de la reddition, mais qui n’assistèrent pas à la cérémonie elle-même. Trumbull prend des libertés avec le paysage.
Le groupe assemblé, la tente — en réalité une toile sur des piquets — et même le drapeau n’est peut-être pas celui qui flottait ce jour-là. Le canon représenté est l’une des 47 pièces d’artillerie livrées à l’armée américaine à Saratoga. La scène évoque la paix plutôt que le combat ou l’hostilité.
Sous le ciel bleu et les nuages blancs, les officiers sont en grand uniforme. Les armes sont au fourreau ou à l’épaule, les canons se taisent.
Washington
Le quatrième tableau achevé est la Démission de Washington, exécuté entre le printemps 1822 et le printemps 1824. La composition représente la scène du 23 décembre 1783, dans la Maryland State House, à Annapolis, lorsque George Washington rendit sa commission de commandant en chef de l’Armée continentale. Washington, éclairé par la lumière qui entre dans la salle, se tient en uniforme devant le président du Congrès continental, Thomas Mifflin, et les délégués, parmi lesquels Thomas Jefferson.
Derrière Washington, ses aides de camp, les colonels Benjamin Walker et David Humphreys, et des spectateurs. Délégués et spectateurs ont les yeux tournés vers Washington, qui tend la main droite pour rendre sa commission. Le fauteuil vide, drapé d’un manteau, évoquant un trône couvert d’un manteau royal, symbolise le geste de Washington renonçant au pouvoir.
Pour représenter George Washington, Trumbull s’appuya sur l’un de ses propres portraits antérieurs.
L’héritage de Trumbull
L’architecture de la Rotonde offre aux tableaux un cadre puissant. De loin, le spectateur ne distingue pas les portraits individuels qui composent la mosaïque de visages peinte dans chaque scène. Ce n’est qu’en s’approchant qu’on discerne les traits des jeunes et des vieux, fermiers, marchands et soldats.
On pourrait conclure que Trumbull sacrifia parfois le tout aux parties, porté par une idée d’authenticité fondée sur un réalisme minutieux, celui des portraits individuels. Parce que la mission de Trumbull était de transmettre les valeurs qu’il tenait pour fondatrices de la démocratie américaine — l’honneur au combat, la retenue, le débat rationnel et ordonné — il devait immortaliser les acteurs centraux des événements qu’il peignait. Mais aujourd’hui, deux siècles plus tard, ce sont les actes des personnages peints par Trumbull, plutôt que leurs visages, qui parlent peut-être davantage aux spectateurs.
Rotonde du Capitole, Washington
Version principale, 12 × 18 pieds, au mur depuis 1826. Visite par le Capitol Visitor Center ; entrée libre.
La salle d’assemblée où la Déclaration fut présentée et adoptée — et où, le 30 août 1776, Kościuszko se présenta devant le Congrès. Aujourd’hui partie de l’Independence National Historical Park.
Architect of the Capitol, Declaration of Independence — description du tableau, clé des 47 personnages, historique (1818–1826, nettoyage 2008), reproduction www.aoc.gov
Architect of the Capitol, Revolutionary Paintings by John Trumbull (film, 2026) — un conservateur de l’AOC sur les quatre toiles de la Rotonde www.youtube.com
Yale University Art Gallery, Trumbull Collection — première version du tableau (1786–1820), dimensions, provenance artgallery.yale.edu
John Trumbull, Autobiography, Reminiscences and Letters (1841) — Paris 1786, le croquis de Jefferson, la règle « aucun visage inventé », la tournée de 1818–1819
Journals of the Continental Congress, vol. V–VI (1776) — résolution de Lee du 7 juin, vote du 2 juillet, adoption le 4 juillet ; demande de Kościuszko du 30 août et résolution sur son grade de colonel du 18 octobre 1776 memory.loc.gov
Alex Storozynski, The Peasant Prince (2009) — arrivée à Philadelphie, Franklin et l’examen de géométrie, le brevet de colonel
National Park Service, Independence National Historical Park — la salle d’assemblée, les signataires, biographies www.nps.gov
Independence National Historical Park / Wikimedia Commons — R. E. Pine et E. Savage, Congress Voting Independence, reproduction dans le domaine public commons.wikimedia.org
Les biographies ont été vérifiées dans des sources américaines (NPS, Biographical Directory of the U.S. Congress, Encyclopedia Virginia, universités et sociétés historiques des États). L’attribution des visages aux numéros dans les rangées du second plan (repères en pointillé) suit l’ordre de la clé de Trumbull ; le récit de l’examen chez Franklin est donné d’après les biographes de Kościuszko, non d’après un document.
Concord Hymn — Le coup de feu entendu dans le monde entier
Paroles · Ralph W. Emerson · Arrangement · P. Białobrzycki
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